Soins et services

Soins et services

Sages-femmes

Les sages-femmes

La pratique des sages-femmes au Nunavik est un modèle d’intégration des savoirs traditionnels et de la médecine moderne. Les sages-femmes inuit travaillent à la maternité de Puvurnituk depuis sa création, en 1986. Leur pratique que leur formation se sont développées d’une manière à répondre aux réalités des familles du nord, de leur contexte culturel et communautaire, ainsi qu’à la réalité des soins de santé en région éloignée, au sein d’une équipe multidisciplinaire.

Dans les années 1990, deux autres maternités ont vu le jour, l’une à Salluit, l’autre à Inukjuak. Des équipes de sages-femmes offre donc les soins pré-per et post-nataux dans 3 des 7 communautés de la Côte d’Hudson. La présence de sages-femmes dans le nord a permis aux communautés inuit de se réapproprier le vécu de la grossesse et de l’accouchement, et d’éviter la séparation des familles. En effet, l’ouverture des maternités à mis fin à une époque ou la femme enceinte devait quitter sa famille vers 37 semaines de grossesse pour aller donner naissance au Sud, à Montréal ou à Moose Factory. Dans ce contexte, les femmes donnaient naissances dans une culture et une langue différente de la leur. « On s'attend à ce que ces femmes reçoivent plus de services qu'ici, ce qui n'est pas toujours le cas. Alors, pourquoi ne pas les laisser dans leur milieu ? Ici au moins, la femme en couches ne reste pas seule. En plus, elle est suivie par des gens qui comprennent ses coutumes et sa langue. Rapatrier au Nunavik les accouchements faits à Montréal ou à Moose Factory, en Ontario, est une demande de la population » Nellie Qumaluk, sage-femme. Grâce au travail des sages-femmes au sein des maternités de la côte d’Hudson, environ 92,2% ont lieu au Nunavik, alors que seulement 7,8% des femmes doivent se rendre à Montréal pour accoucher.

En effet, seules les femmes qui présentent des grossesses à risque élevées doivent se rendre au Sud pour accoucher. Les femmes présentant certains facteurs de risques, où celles provenant des communautés qui ne bénéficient pas de maternité, viennent quant à elles accoucher à Puvurnituk, où se trouve en tout temps un médecin disponible pour une consultation ou une urgence. Les décisions concernant les plans de soins et les lieux d’accouchement sont pris lors du comité périnatal, une rencontre hebdomadaire où se réunissent médecin, infirmières et sages-femmes pour revoir ensemble les dossiers des femmes de 34 semaines de grossesse pour l’ensemble des 7 communautés de la côte d’Hudson. Si nécessaire, des consultations se font par téléphone avec des médecins spécialistes de Montréal. En cas de transfert d’urgence, un médecin et une sage-femme se charge de la sécurité de la femme enceinte lors du transfert par avion.

Les sages-femmes sont les premières responsables du suivi de grossesse, de l’accouchement, et des soins post-partum jusqu’à 6 semaines suivant la naissance. Elles offrent aussi des soins en dehors de la grossesse, de l’adolescence à la ménopause, en matière de contraception, de prévention des itss, de dépistage du cancer de l’utérus, de l’auto-examen des seins. La prévention et la santé de la communauté est au coeur de leur travail.

Le programme de formation de sages-femmes d’Inuulitsivik est une formation basée sur l’apprentissage par la pratique en milieu clinique, complétée par des formations et des modules d’apprentissage. L’étudiante sagefemme offre des soins pré-per-postnataux sous la supervision d’une sage-femme sénior. L’étudiante Le programme de formation d’Inuulitsivik est officiellement reconnu, depuis 2008, par le ministère de la Santé du Québec, et a été acclamé par de nombreuses organisations internationales telles que la Confédération internationale des sagesfemmes, l’Organisation mondiale de la Santé et la Société des obstétriciens et gynécologue du Canada. Au terme de sa formation, l’étudiante sage-femme est reconnu compétente par l’Ordre des sages-femmes du Québec (OSFQ). A ce jour, 2 sages-femmes inuites sont enregistrées à l’OSFQ, alors qu’une dizaine d’étudiantes devraient compléter leur formation dans les prochaines années.